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Mercredi 22 juin 2005

L’anniversaire de Garnier père

18 juin 1755- 18 juin 2005

250ème anniversaire de Joseph-François Garnier (1755-1825)

 

Il ne s’agit pas, en l’occurrence, du Garnier dont le déménagement du monument a récemment déchaîné tant de passions et fait couler autant d’encre et produire tant de salive à Lauris ! Le temps fait son œuvre, l’orage s’est calmé, et, bientôt, les laurisiens auront l’impression d’avoir toujours vu le buste de Garnier où il trône dorénavant, à proximité de l’Hôtel de Ville ! Le temps est venu aussi de remonter un peu dans l’histoire et de se poser la question, toute simple : « on sait que Joseph Garnier (le buste) est considéré par les laurisiens comme leur bienfaiteur et un monument, une avenue et une place perpétuent son souvenir. Beaucoup savent que l’origine d’une telle dévotion est liée au geste extraordinaire de générosité et d’altruisme qu’il avait accompli en léguant au village, par testament, la moitié de sa fortune- l’autre allant à Neuilly-sur-Seine, dont il fut le maire - . Mais – clin d’œil de cette affaire- on doit remarquer, sans esprit de chauvinisme aucun, que ce généreux Garnier n’était pas né à Lauris, mais ….en Bretagne, en 1796 » !

On doit remarquer également une phrase de son fameux testament de 1865, laquelle stipule qu’il fait ce legs « A la commune de Lauris, où est né mon père et qu’il a toujours aimée».

Sans vouloir diminuer en quoi que ce soit la beauté et la grandeur du geste de « Garnier fils », il est permis de se demander qui était donc ce père, et pourquoi avait-il aimé Lauris d’un amour si profond et en quoi ce village lui conservait  autant de reconnaissance ?

A mon humble avis, c’est là que l’histoire présente le plus d’intérêt…pas « financier » cette fois-çi !

On ne va surtout pas dans cette histoire  dresser  le fils contre le père, comparer les mérites de chacun, évaluer si une grosse somme d’argent – qui a pû servir à bien des choses- est plus digne de rester dans les mémoires que les qualités d’un artiste, d’un musicien, tel que le fût le père « Garnier »…Toutefois, il est grand temps maintenant de s’intéresser à ce personnage, attachant à plus d’un titre. En voilà en effet un bel exemple de réussite d’un jeune « parti de rien », infortuné, issu de milieu modeste (ses parents étaient des paysans, le père un cordonnier issu d’une ancienne famille laurisienne). 

Quelle fée égarée par là, décida-t-elle que ce « minot », vers l’âge de 14 ans, serait  propulsé non pas dans les champs mais parmi les … « chants » de l’Opéra de Paris !

Qui plus est- mais la place manque pour en parler ici- ses deux frères suivront le même chemin, formant à eux trois une fratrie à la destinée inouïe !! et rarissime !

Pour ne citer donc que Joseph-François, il va connaître un cheminement tout bonnement incroyable : on le verra, traversant apparemment sans dommages, tous les régimes, -un peu comme le boulanger , lequel, en bon artisan, continue à faire son pain, quoiqu’il arrive -. Il lui en aura fallu de la diplomatie, de l’Art et du savoir –faire pour- et je résume – occuper les postes de Premier hautbois à l’Opéra, professeur à la Garde Nationale, apprécié par les Révolutionnaires (la Convention le nommera premier titulaire de la charge de professeur de hautbois, dès la création du Conservatoire en 1795).

En tant qu’hautboïste à l’Opéra, il sera des créations de tous les ouvrages lyriques de son époque, la plus prestigieuse pour cet Art, il travaillera avec les plus glorieux musiciens - Gluck en particulier -. Il jouera pour les premières représentations des opéras de Mozart en France…et il sera lui-même compositeur, écrira une méthode pour son instrument, se lira d’amitié avec les plus illustres- le grand Kreutzer en particulier, lequel lui dédiera plusieurs compositions -.

Puisse l’occasion de son 250 ème anniversaire le sortir de l’oubli, et puisse Lauris honorer l’un de ses plus illustres anciens, né ICI.

Après tout, Lourmarin est bien fière de Camus et Vaugines de Bosco, Lacoste se gargarise aujourd’hui du divin marquis de Sade… qui eux, quelque-soit leur mérite, n’étaient pas « natifs de ces lieux » !

Pour terminer, je tiens absolument à rendre hommage à Jeanne Tardieu : elle n’a pas connu « nos » Garnier…mais c’est bien elle, qui, la première, a eu la curiosité de s’y intéresser, avant de s’en passionner. Grâces lui soient éternellement rendues.

 

Jacques Rouchouse

Lundi de Pentecôte, 16 mai 2005

 

Pour en savoir plus il y a le livre de Jacques Rouchouse sur le Mystère des Garnier (librairie de Lauris) et une conférence de l’intéressé qui se tiendra dans le cadre de l’Office du Tourisme le 11 août prochain au château, salle Bloch

 

Ci-dessous : Signature du père Garnier sur une lettre demandant une revalorisation de son traitement auprès de Mr de Luçay, préfet du Palais Impérial des Tuileries le 26 Germinal an 13 (mars 1805).

 

 
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