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Lundi 4 juin 2007

être handicapé(e) à Lauris
(Extraits de l'article paru dans le n°134 de Lauris ensemble)

A. R. a accepté de nous parler ouvertement des difficultés qu'elle a de vivre à Lauris, victime qu'elle est d'un handicap qui la cloue sur son fauteuil roulant électrique. Voici le compte rendu de la rencontre.


Née à Lauris, il y a 52 ans, elle n'entend pas vivre ailleurs. Sa famille est ancrée dans le village depuis longtemps avec des attaches paysannes solides.
Pour elle, la pratique du village se résume à un parcours du combattant malgré les textes officiels qui exigent des aménagements pour rendre villes ou villages accessibles aux personnes à mobilité réduite (vous ou moi peut-être demain à la suite de telle ou telle disgrâce !).
Le premier obstacle local à la mobilité réside dans les bordures de trottoirs. Il y a bien eu quelques aménagements ici où là, mais faits de telle manière que les pentes réalisées sont impraticables pour les fauteuils roulants. Démonstration à l'appui, nous constatons que le passage en de nombreux d'endroits n'est pas praticable (le fauteuil d'un handicapé s'est renversé en voulant  accéder de la rue au trottoir devant la boucherie charcuterie Cuxac). Autant dire que ces aménagements ne correspondent à rien. Il aurait fallu étudier plus sérieusement les travaux prévus et les expérimenter avec l'aide des personnes à mobilité réduite pour tester les aménagements. Conclusion : tout est à refaire et les parcours sont à baliser et à valider avec les personnes qui pratiquent à leurs corps défendants ces obstacles au jour le jour.
Même difficulté pour nombre d'endroits de première nécessité pour un Laurisien handicapé ou non. Le bâtiment de la mairie peut  être accessible mais par la cour…et encore il faut téléphoner avant pour que la porte de service soit ouverte… pas simple !
Ne parlons pas de la poste qui malgré le caractère serviable des personnels n'est pas aux normes. Ainsi, pas de boîtes aux lettres accessibles, des marches d'entrée qui devraient être remplacées par une large rampe facile à aménager.
Même obstacle pour la pharmacie, les médecins et les autres commerces locaux. Toutes ces entreprises devraient légalement se mettre aux normes de l'accès aux handicapés. Certaines font des efforts pour se faire. Des dispositifs simples (prenant moins d'une heure pour l'installation), métallique (sorte de petite rampe) pour corriger la hauteur d'un trottoir et permettre à une personne en fauteuil roulant d'accéder sans aide à une terrasse de café voilà des priorités ! .

Pire encore : la descente de la Calade pour accéder à l'entrée de l'équipement projeté sous les terrasses et dans la maison Aubert. La visite avec A. R. s'arrête en haut de la pente. Elle nous demande avec son humour (une façon de se défendre contre les mauvais jours de l'invalidité) : " ils veulent vraiment réduire le nombre des handicapés du village en les amenant (faute d'autre accès) à dévaler la Calade. " " Même moi, dit-elle, avec mon fauteuil électrique doté pourtant de systèmes de sécurité puissant je ne résisterais pas dans cette pente IMPRATICABLE. Alors pourquoi ont-ils aménagé un parcours sur la première terrasse pour fauteuils roulants avec m'a t-on dit un ascenseur pour handicapés si on ne peut y accéder ? Ces aménagements représentent un inutile gaspillage dans la mesure où ils sont inutilisables pour les handicapés ! ". Il y a aussi des problèmes avec l'ascenseur pour l'espace Bloch, toujours indisponible.
A noter que l'église est plus accueillante et l'aide de Marie Thérèse Grégoire, René Florent... et une planche solutionne mon problème. Comme quoi lorsqu'il y a des bonnes volontés, il y a des solutions pratiques facilitant la vie quotidienne.
A. est d'autant plus fâchée de cette situation qu'il s'agit des espaces familiers de son enfance, elle qui est née dans le château, qui lui sont à jamais interdit.
Sa conclusion : " cet aménagement est catastrophique, c'est de l'exclusion et l'irrespect total des lois en vigueur pour les handicapés ". A. nous confie qu'elle est bien décidée, pour tous ceux qui souffrent d'handicaps, à se battre pour le respect du droit, pour les défavorisés de la vie, pour qu'ils puissent être, autant que possible, comme tout le monde.

 
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