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Dimanche 5 novembre 2006

Adieu la Coopérative des vins de Lauris

Le 11 juillet dernier, l'assemblée générale de la coopérative viticole, présidée par Gil Laurent et comportant moins de 23 apporteurs de raisins en dernier, délibérait à l'unanimité moins une voix (15 présents et 2 représentés) pour la fusion avec la coopérative de Cadenet.

L'appellation Lauris est maintenue et notamment les appellations cuvées Scipionne, Prestige et Vieux Cep, bien que la vinification se passe à Cadenet. Ceci pour maintenir un marché local…et des ventes (10% de la production aujourd'hui).
Une page se tourne de la vie de notre village qui devient de moins en moins rural et fait office, chaque jour plus, de banlieue dortoir.
Comment retrouver un sens à l'utilisation de notre espace pour le maintien de l'agriculture. C’est maintenant un problème fondamental pour les générations futures.
Extrait de LE 126. Informations recueillies auprès de Laurent Gilles (Président sortant) et Armand Boyer

par Frédéric Capoulade publié dans : Des histoires
Jeudi 14 septembre 2006
L'inventeur laurisien de l'asperge
 

Alexandre Etienne Grangier aux alentours de 1850 épouse une jeune fille de Lauris (Marie Gavaudan née en 1850). Grangier qui avait planté des asperges à Robion en planta aussi à Lauris.

 

 

 

La première récolte fut surabondante et de qualité rare. Encouragé par le succès, il développa ses cultures et fit venir des turions comme jamais vus. La raison de cette réussite était que les terrains d'alluvions  bordant la Durance se prêtaient admirablement à l'asparagiculture

 

Thermosyphon en 1910 asperges de Noël et une seconde chauffe, asperges de février très à la mode entre 1910 et 14 . Après le prix du charbon et de la main d'oeuvre font abandonner cette procédure culturale. C'était le temps ou l'on payait 10 sous par nuit des ouvriers pour alimenter les chaudières en charbon en permanence.

 

Alexandre Grangier meurt à Lauris le 27 octobre 1917.

 

Après 1918, les asperges poussent moins bien. La terre était usée, de plus certains vers ravageaient les plantations.

 

Plusieurs wagons jours en période faste au début du XXème s. quelques centaines de kilos avant la 2ème guerre. Cette culture était déjà en grand déclin.

 

Dans sa séance du 21 février 1936, le conseil municipal de Lauris avait examiné une proposition d'un de ses membres demandant qu'une plaque commémorative soit apposée sur les murs de la maison  qu'il avait habité. Ce projet ne fut pas réalisé immédiatement.

 

Après l'asperge verte relevait de l'histoire laurisienne.

 

 

par Frédéric Capoulade publié dans : Des histoires
Dimanche 12 mars 2006

 Vous pouvez télécharger cette pétition en cliquant sur les mots suivants :
Pétition "Sauvons le chemin des Grilles"


Grillage fermant le chemin des Grilles

par Frédéric Capoulade publié dans : Des histoires
Mercredi 22 juin 2005

L’anniversaire de Garnier père

18 juin 1755- 18 juin 2005

250ème anniversaire de Joseph-François Garnier (1755-1825)

 

Il ne s’agit pas, en l’occurrence, du Garnier dont le déménagement du monument a récemment déchaîné tant de passions et fait couler autant d’encre et produire tant de salive à Lauris ! Le temps fait son œuvre, l’orage s’est calmé, et, bientôt, les laurisiens auront l’impression d’avoir toujours vu le buste de Garnier où il trône dorénavant, à proximité de l’Hôtel de Ville ! Le temps est venu aussi de remonter un peu dans l’histoire et de se poser la question, toute simple : « on sait que Joseph Garnier (le buste) est considéré par les laurisiens comme leur bienfaiteur et un monument, une avenue et une place perpétuent son souvenir. Beaucoup savent que l’origine d’une telle dévotion est liée au geste extraordinaire de générosité et d’altruisme qu’il avait accompli en léguant au village, par testament, la moitié de sa fortune- l’autre allant à Neuilly-sur-Seine, dont il fut le maire - . Mais – clin d’œil de cette affaire- on doit remarquer, sans esprit de chauvinisme aucun, que ce généreux Garnier n’était pas né à Lauris, mais ….en Bretagne, en 1796 » !

On doit remarquer également une phrase de son fameux testament de 1865, laquelle stipule qu’il fait ce legs « A la commune de Lauris, où est né mon père et qu’il a toujours aimée».

Sans vouloir diminuer en quoi que ce soit la beauté et la grandeur du geste de « Garnier fils », il est permis de se demander qui était donc ce père, et pourquoi avait-il aimé Lauris d’un amour si profond et en quoi ce village lui conservait  autant de reconnaissance ?

A mon humble avis, c’est là que l’histoire présente le plus d’intérêt…pas « financier » cette fois-çi !

On ne va surtout pas dans cette histoire  dresser  le fils contre le père, comparer les mérites de chacun, évaluer si une grosse somme d’argent – qui a pû servir à bien des choses- est plus digne de rester dans les mémoires que les qualités d’un artiste, d’un musicien, tel que le fût le père « Garnier »…Toutefois, il est grand temps maintenant de s’intéresser à ce personnage, attachant à plus d’un titre. En voilà en effet un bel exemple de réussite d’un jeune « parti de rien », infortuné, issu de milieu modeste (ses parents étaient des paysans, le père un cordonnier issu d’une ancienne famille laurisienne). 

Quelle fée égarée par là, décida-t-elle que ce « minot », vers l’âge de 14 ans, serait  propulsé non pas dans les champs mais parmi les … « chants » de l’Opéra de Paris !

Qui plus est- mais la place manque pour en parler ici- ses deux frères suivront le même chemin, formant à eux trois une fratrie à la destinée inouïe !! et rarissime !

Pour ne citer donc que Joseph-François, il va connaître un cheminement tout bonnement incroyable : on le verra, traversant apparemment sans dommages, tous les régimes, -un peu comme le boulanger , lequel, en bon artisan, continue à faire son pain, quoiqu’il arrive -. Il lui en aura fallu de la diplomatie, de l’Art et du savoir –faire pour- et je résume – occuper les postes de Premier hautbois à l’Opéra, professeur à la Garde Nationale, apprécié par les Révolutionnaires (la Convention le nommera premier titulaire de la charge de professeur de hautbois, dès la création du Conservatoire en 1795).

En tant qu’hautboïste à l’Opéra, il sera des créations de tous les ouvrages lyriques de son époque, la plus prestigieuse pour cet Art, il travaillera avec les plus glorieux musiciens - Gluck en particulier -. Il jouera pour les premières représentations des opéras de Mozart en France…et il sera lui-même compositeur, écrira une méthode pour son instrument, se lira d’amitié avec les plus illustres- le grand Kreutzer en particulier, lequel lui dédiera plusieurs compositions -.

Puisse l’occasion de son 250 ème anniversaire le sortir de l’oubli, et puisse Lauris honorer l’un de ses plus illustres anciens, né ICI.

Après tout, Lourmarin est bien fière de Camus et Vaugines de Bosco, Lacoste se gargarise aujourd’hui du divin marquis de Sade… qui eux, quelque-soit leur mérite, n’étaient pas « natifs de ces lieux » !

Pour terminer, je tiens absolument à rendre hommage à Jeanne Tardieu : elle n’a pas connu « nos » Garnier…mais c’est bien elle, qui, la première, a eu la curiosité de s’y intéresser, avant de s’en passionner. Grâces lui soient éternellement rendues.

 

Jacques Rouchouse

Lundi de Pentecôte, 16 mai 2005

 

Pour en savoir plus il y a le livre de Jacques Rouchouse sur le Mystère des Garnier (librairie de Lauris) et une conférence de l’intéressé qui se tiendra dans le cadre de l’Office du Tourisme le 11 août prochain au château, salle Bloch

 

Ci-dessous : Signature du père Garnier sur une lettre demandant une revalorisation de son traitement auprès de Mr de Luçay, préfet du Palais Impérial des Tuileries le 26 Germinal an 13 (mars 1805).

 

Jeudi 26 mai 2005

Avant la Révolution française, la formation scolaire, à Lauris, est assurée par un régent et une régente nommée par le conseil communal.
En 1830 l'école publique est dirigée par Joseph Boussot.
En 1843, le prêtre (le Père Musicien) fait ouvrir une " école des Frères de la doctrine chrétienne ".
Cette école, payante au début, devient gratuite en 1859. Elle est installée au presbytère.
En 1850 est ouverte une école primaire publique dirigée par les " sœurs de la Conception ".
En 1870, création d'une "école primaire laïque" de filles qui marque localement la " lutte " entre les cléricaux et les anticléricaux.
C'est durant cette période que les processions religieuses sont le prétexte d' invectives du cercle républicain de l'impasse des Ratatas !
La directrice de l'école des filles ne peut être nommée : les anticléricaux accusant les cléricaux de manœuvre dilatoire, si bien que l'ampleur de la crise provoque la suspension du conseil municipal.
Le maire, M. Guiran revient à l'attaque, sans succès, en demandant la suppression de l'école des sœurs.
Les prix " Achard Victor " et " Garnier Joseph " respectivement de 25F et 50F sont partagés entre les élèves qui réussissent au CEPE (Certificat d'Etudes Primaires Elémentaires) et cela depuis 1877.
Par mesure d'apaisement, il est décidé, en 1878, que les quatre écoles seraient gratuites.
En fait, les Frères partent à la fin de l'année 1878.
Après les lois de Jules Ferry (1881 gratuité de l'enseignement et 1882 obligation scolaire) les sœurs de la Conception partent également et cèdent leur local à l'école primaire publique laïque des filles (la poste actuelle).
En 1833 existe un premier projet de construction d'un groupe scolaire (il y a à cette époque 102 élèves (filles et garçons) inscrits.
En 1901, deuxième projet de l'architecte Sylvain Jauffret (de Menton), résidant à Lauris (ancien hôtel- restaurant de la Chaumière) qui est aussi l'architecte qui a reconstruit la chapelle Saint Roch en 1898.
En 1916 les fournitures scolaires sont gratuites sauf les livres qui sont prêtés et passent d'une année à l'autre jusqu'à… épuisement !
Ce n'est qu'en 1926 que le projet prend tournure avec comme architecte M. Busquet.
La construction commence en 1929, (l'année ou est prise la photo ci dessous) probablement une classe de l'équivalent aujourd'hui d'un CE2+CM1.
Le 1er octobre 1930 la "nouvelle école" ouvre ses portes aux élèves. Le 19 avril ce sera l'inauguration solennelle.
Les portes sont ouvertes aux visiteurs. Une estrade est dressée à l'entrée de la cour des garçons et les différentes classes chantent, face au podium des personnalités officielles (podium dressé contre les murs de l'école, exactement contre l'ancienne cantine).
Les classes de CM1 et CM2 chantent
"l'hymne à la joie" extrait de la IXe symphonie de Beethoven.
Les filles déguisées en "colombes de la Paix" chantent : "Mes colombes timides, quittez votre logis ; envolez-vous bien vite vers de lointains pays…". Ce chant était de circonstance car huit ans plus tard le drame de 1939-45 débutait.
En 1936 l'inspection dentaire est rendue obligatoire. La même année M. Louis Mourre, maire de Lauris, crée un cours d'enseignement ménager.

La photo ci-dessous a été prise en 1929 à l'école des garçons qui se trouvait à la rue Sainte- Catherine (actuelle maison d'André Galizzi). L'école des filles se trouvait à la place de l'actuelle poste. Le cours préparatoire était mixte. A la fin du CP les garçons allaient au CE1 à l'école des garçons.
Dans cette classe de 1929, quatre à cinq générations se côtoyaient en fonction de résultats scolaires inégaux.

Par rang de gauche à droite. Premier rang en bas : Jean Piacentino ; Pino Galizzi ; Tintin Pianetti ; Louis Gaudin ; Marcel Colletin ; Roger Richier fils de gendarme ; Roger Grégoire. Deuxième rang au milieu : Auguste Grangier dit le Bugare ; Louis Sylvestre ; Adrien Finel ; Edmond Grégoire ; Lucien Grangier (dit le Chinois) ; Paul-Albert Biancotto ; Paul Bouchard
Troisième rang en haut : Léon Grégoire ; Francis Florens ; Paul Pianetti ; Louis Guillaumin ; Paul Guiran ; Léon Bénentendi.
Merci à Léon Grégoire.

Mardi 12 avril 2005

Au milieu du siècle dernier

Mardi 12 avril 2005

Le campanile : un jeune vieillard de 148 ans

 Le campanile de fer forgé, qui couronne le clocher de l'église a été réalisé en 1857 à l'instigation du conseil municipal pour abriter le timbre de l'horloge communale. Celle-ci, auparavant située sur la façade de l'ancienne mairie, dans la Grand Rue, a été à cette date transférée dans le clocher "afin de pouvoir être entendue dans tous les quartiers du village et de la campagne". Le plan et le devis de la "cage" de l'horloge, dressés par l'architecte d'Apt Sollier et présentés par le maire au conseil municipal le 18 mars 1857, s'élevait à 2 848 francs et prévoyait une réfection complète de la toiture du clocher (remplacement de la terrasse en dalles de pierre et du couronnement orné de boules de pierre par une charpente couverte de tuiles), la confection et la pose du campanile en fer, haut de 10 m et large de 4, d'un poids de près de 1.200 kg (1).
Les travaux furent mis en adjudication et délivrés à Auguste Musicien, maître-serrurier (2), à l'exception du timbre hémisphérique en bronze, dont la fabrication fut confiée par contrat particulier au fondeur avignonais Pierre Pierron (3). Le timbre, d'un poids de 262 kg, fut livré et mis en place en octobre (4), la réception finale des travaux eut lieu le 24 novembre (5). Le mécanisme même de l'horloge fut changé en 1919.
La dernière intervention sur cette horloge a été effectuée par Adrien Poirier
 

 Sources :
(1) A.D.13 (Aix), 1 G 1333, f° 135 v° et  A.C.Lauris, D, délibération du 18 mars 1857.
(2) A.D.13 (Aix), 1 G 1333, f° 135 v°.
(3) A.C. Lauris, D, délibération du 9 août 1857.
(4) A.D.13 (Aix), 1 G 1333, f° 135 v°, délibération du 23 octobre 1857.
(5) A.D.84, 2065. 

Samedi 26 février 2005

   Le récit ci-dessous est vécu par un de nos anciens, Georges Gaillardon, qui flirte avec les nonantes, comme diraient nos amis belges. Le train il connaît bien, il est né dedans ! Sa mère était garde barrière au passage à niveau du Rocher de Malan (maisonnette aujourd’hui détruite) et son père travaillait comme cheminot. Au moment où la mémoire s’arrête le train est une vieille organisation qui avait été mise en place en 1867. Elle avait une soixantaine d’années !

Le premier souvenir de Georges est lié à l’institution PLM (Paris Lyon Marseille qui gérait la ligne. C’était dans les années 1925, où après une chute d’une branche d’un saule il avait été conduit par le train chez un prêtre de Villelaure, un peu rebouteux, qui lui avait fait des applications sur sa blessure.

Un peu plus tard, le médecin de la compagnie PLM basé à Cadenet, le docteur Gaet, passait à côté d’un diagnostic d’appendicite aigue pour sa mère et la traitait avec une vague piqûre pour dépasser ses douleurs et continuer son travail de garde barrière. Elle allait en mourir à 40 ans. On était dur dans ce temps là !

A l’époque la ligne était florissante. Pensez un peu : 8 allers et retours quotidiens vers Cavaillon et Avignon et dans l’autre sens vers Pertuis.

Le train était composé de 7 ou 8 wagons et un wagon de marchandise. Le train était toujours « plein de monde » et c’était même un peu la pagaye !

Georges se rappelle les déplacements longs pour aller à Simiane. Il fallait partir vers 7h, 7h30 de Lauris. Aller à Cavaillon. Puis de là prendre le train pour Apt où on arrivait vers 2 ou 3h de l’après midi. Et puis après c’était l’autocar pour aller jusqu’à Simiane les Rotondes dans le 04.

Les trajets étaient d’autant plus longs que le train n’était pas rapide (une quarantaine de Km h.) et que les arrêts étaient fréquents : Cadenet, Villelaure vers Pertuis et Puget, les Borryes, Mérindol, une autre halte dont le nom ne revient pas, Cheval Blanc puis Cavaillon.

Les trains de marchandises étaient plus nombreux que les trains de voyageurs (près du double). La locomotive à vapeur, fumait et crachait avec son tender à charbon aux épaules. Les sémaphores pour laisser la voie libre étaient en partie manuels et les gardes barrières avertis du passage des convois par une petite sonnette électrique. Il faut dire que les horaires étaient connus de mémoire et que l’on avait le temps de voir arriver les trains. Peu d’accident dans cette organisation sauf un avec des morts à Lauris.

Ce moyen de transport était bon marché et il arrivait de s’embarquer de Lauris…pour aller à Puget !

Pour aller jusqu’à Aix où Georges va travailler à partir de 14 ans, l’aventure était longue via Pertuis. Les trains dont se rappelle Georges ne comportaient pas de couloirs au début (on entrait dans des compartiments dont les portes ouvraient de part et d’autres. Plus tard il y a eu des couloirs.

Le déclin progressif de la ligne va s’accompagner de sa fermeture après la deuxième Guerre mondiale. Actuellement il est vaguement question de rouvrir la ligne Pertuis-Cavaillon aux voyageurs, cette ligne servant aujourd’hui au passage de quelques trains de marchandises.

 
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