Histoire et Actualité d'un village provençal dans le sud Lubéron.
LE PROJET LAUREAT
C'est donc le projet de l'architecte MAUGER qui a été retenu. Des trois, il est le plus "sage". Il propose des intentions d'insertion au site très valables, comme la mise en valeur de la cour, l'utilisation en "promenade publique" des terrasses hautes autour du Château (dans son rapport, il est même question d'un "funiculaire reliant le château à la plaine). Ces "bonnes idées" resteront-elles uniquement au stade d'intention ?
Sa proposition architecturale est des plus concrète : la distribution et l'organisation des fonctions du futur Pôle des Arts Visuels répondent au programme donné ; le château, en tant que bâtiment existant, est valorisé, et complété par des extensions résolument modernes.
Le projet propose donc de "retrouver le Château d'avant", en reconstituant les anciens niveaux des planchers, hauteurs des pièces, ouvertures, et en réutilisant ses espaces voûtés et ses passages étroits. Pour compléter les exigences de sa nouvelle affectation, des extensions sont ajoutées, comme l'entrée en "lames de lumière" (collée à la façade nord), ou bien le nouveau corps à l'ouest (sorte de "tour" massive pour escaliers et ascenseur), ou encore, côté vallée, des "décrochés" du socle (dont les fenêtres, vaguement dessinées dans le projet, laissent prévoir un résultat incertain).
Mais la modernité du projet repose sur les ajouts, légers et transparents, aux "lames de lumière" qui, selon l'architecte, devraient "signer la nouvelle occupation du château". Ces "lames", sorte de jeu de pans, faites d'une "matière qui laisse filtrer la lumière", sont juxtaposées aux façades et au toit. Sur leur résultat, même le jury s'est montré sceptique, en demandant à l'architecte un travail plus approfondi. Mise à part les effets de notre "mistral" et la puissance de "notre lumière"sur de telles "lames", dans les dessins du projet, ces extensions "lumineuses" apparaissent tout à fait déliées par rapport à l'édifice ancien : pourtant "créer dans le passé" (faire coexister l'ancien et le moderne) est une vieille leçon d'architecture, qui a contribué à donner de bons exemples ici ou là.
En regardant les trois projets, nous sommes pas loin de penser, en conclusion, que tant d'efforts pour lancer un concours international aient débouché sur des résultats, en définitive, bien modestes! C'est dommage que le jury n'ait pas fait (ou su faire) un choix plus diversifié, voire plus "osé" parmi les équipes qui avaient envoyé leur candidature. Toutefois, la vraie cause de l'échec de ce type de concours repose malheureusement sur leur organisation "en dossiers de candidature", et non pas de dossier sur les solutions (même au niveau d'expression de simples idées) que chaque équipe d'architecte aurait pu proposer, comme cela avait été le cas lors du concours de Beaubourg. Jamais l'équipe Piano et Rogers ,qui a réalisé un monument représentatif de l'architecture moderne (même si tout le monde n'apprécie pas), n'aurait été sélectionnée à partir de son dossier !
LM, extrait de LE n°104
Les trois projets retenus (vue d'ensemble) :
Moussafir, Architectes Associés (Paris)
Atelier Fernandez-Serres Architectes (Aix-en-Provence)
Architecture Patrick Mauger (Paris)