Histoire et Actualité d'un village provençal dans le sud Lubéron.
Avant la Révolution française, la formation scolaire, à Lauris, est assurée par un régent et une régente nommée par le conseil communal.
En 1830 l'école publique est dirigée par Joseph Boussot.
En 1843, le prêtre (le Père Musicien) fait ouvrir une " école des Frères de la doctrine chrétienne ".
Cette école, payante au début, devient gratuite en 1859. Elle est installée au presbytère.
En 1850 est ouverte une école primaire publique dirigée par les " surs de la Conception ".
En 1870, création d'une "école primaire laïque" de filles qui marque localement la " lutte " entre les cléricaux et les anticléricaux.
C'est durant cette période que les processions religieuses sont le prétexte d' invectives du cercle républicain de l'impasse des Ratatas !
La directrice de l'école des filles ne peut être nommée : les anticléricaux accusant les cléricaux de manuvre dilatoire, si bien que l'ampleur de la crise provoque la suspension du conseil municipal.
Le maire, M. Guiran revient à l'attaque, sans succès, en demandant la suppression de l'école des surs.
Les prix " Achard Victor " et " Garnier Joseph " respectivement de 25F et 50F sont partagés entre les élèves qui réussissent au CEPE (Certificat d'Etudes Primaires Elémentaires) et cela depuis 1877.
Par mesure d'apaisement, il est décidé, en 1878, que les quatre écoles seraient gratuites.
En fait, les Frères partent à la fin de l'année 1878.
Après les lois de Jules Ferry (1881 gratuité de l'enseignement et 1882 obligation scolaire) les surs de la Conception partent également et cèdent leur local à l'école primaire publique laïque des filles (la poste actuelle).
En 1833 existe un premier projet de construction d'un groupe scolaire (il y a à cette époque 102 élèves (filles et garçons) inscrits.
En 1901, deuxième projet de l'architecte Sylvain Jauffret (de Menton), résidant à Lauris (ancien hôtel- restaurant de la Chaumière) qui est aussi l'architecte qui a reconstruit la chapelle Saint Roch en 1898.
En 1916 les fournitures scolaires sont gratuites sauf les livres qui sont prêtés et passent d'une année à l'autre jusqu'à
épuisement !
Ce n'est qu'en 1926 que le projet prend tournure avec comme architecte M. Busquet.
La construction commence en 1929, (l'année ou est prise la photo ci dessous) probablement une classe de l'équivalent aujourd'hui d'un CE2+CM1.
Le 1er octobre 1930 la "nouvelle école" ouvre ses portes aux élèves. Le 19 avril ce sera l'inauguration solennelle.
Les portes sont ouvertes aux visiteurs. Une estrade est dressée à l'entrée de la cour des garçons et les différentes classes chantent, face au podium des personnalités officielles (podium dressé contre les murs de l'école, exactement contre l'ancienne cantine).
Les classes de CM1 et CM2 chantent
"l'hymne à la joie" extrait de la IXe symphonie de Beethoven.
Les filles déguisées en "colombes de la Paix" chantent : "Mes colombes timides, quittez votre logis ; envolez-vous bien vite vers de lointains pays
". Ce chant était de circonstance car huit ans plus tard le drame de 1939-45 débutait.
En 1936 l'inspection dentaire est rendue obligatoire. La même année M. Louis Mourre, maire de Lauris, crée un cours d'enseignement ménager.
La photo ci-dessous a été prise en 1929 à l'école des garçons qui se trouvait à la rue Sainte- Catherine (actuelle maison d'André Galizzi). L'école des filles se trouvait à la place de l'actuelle poste. Le cours préparatoire était mixte. A la fin du CP les garçons allaient au CE1 à l'école des garçons.
Dans cette classe de 1929, quatre à cinq générations se côtoyaient en fonction de résultats scolaires inégaux.
Par rang de gauche à droite. Premier rang en bas : Jean Piacentino ; Pino Galizzi ; Tintin Pianetti ; Louis Gaudin ; Marcel Colletin ; Roger Richier fils de gendarme ; Roger Grégoire. Deuxième rang au milieu : Auguste Grangier dit le Bugare ; Louis Sylvestre ; Adrien Finel ; Edmond Grégoire ; Lucien Grangier (dit le Chinois) ; Paul-Albert Biancotto ; Paul Bouchard
Troisième rang en haut : Léon Grégoire ; Francis Florens ; Paul Pianetti ; Louis Guillaumin ; Paul Guiran ; Léon Bénentendi.
Merci à Léon Grégoire.